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jeudi 13 février 2014

2014, porte moi chance en amour

Je suis assez superstitieuse. Pas trop non plus, mais un peu quand même (et non je ne suis pas bretonne). Au Japon, à la nouvelle année, on achète des amulettes, des omamori. On la porte sur soi pour nous protéger et nous amener la chance. Ca dure un an, et à la nouvelle année suivante, on ramène les amulettes au temple pour les brûler et en prendre de nouveaux.
(Oui, il parait qu'ils les brûlent vraiment et qu'ils ne les remettent pas sur les stands après. Je suis vraiment vilaine).

Ce sont des petits sachets avec des prières écrites à l'intérieur, et sous aucun prétexte il ne faut ouvrir le sachet. En règle général, dessus, il y a le nom du temple où vous l'avez acheté et le type de protection que vous avez demandé.
Il y a plusieurs types d'omamori: pour la santé, le succès professionnel, académique, la sûreté dans les transports, l'amour, une grossesse désirée, la prospérité familiale...

 Cette année et comme tous les ans, j'en ai pris deux: un pour le succès professionnel et un pour l'amour. Vous devinerez facilement lequel est lequel...

Omamori- Du temple Kinkakuji, le pavillon d'or

Et donc, j'ai une petite anecdote à vous raconter:

En janvier 2011, (trois ans déjà!), mon patron japonais m'a offert un omamori. Heureuse, j'ai quand même été surprise par le type d'omamori. C'était pour l'amour.  Parce que, dixit, il était temps que j'ai un copain. Mais heu. Alors franchement j'ai oscillé entre le fou rire et être vexée, mais sachant que son intention n'était pas mauvaise, j'ai préféré en rire.

Il faut dire qu'il a une fille qui a sensiblement le même profil que moi, et il a certainement jugé bon que notre période de célibat était terminée et qu'il était temps de se ranger un peu. Bon, bref, ça a bien fait rire mon entourage et moi aussi. C'était la première fois que j'avais un omamori d'amour (que c'est mignon).

Deux mois plus tard, pouf, j'étais maquée. Coïncidence ? Je ne crois pas.
Cette année là, c'est l'année du lapin. Et lapin c'est mon signe. En astrologie chinoise, quand l'année correspond à votre signe, autant vous dire que c'est la fête et que vous avez des supers pouvoirs la méga chance, c'est parti, on en profite. Et j'avoue, cette année a été géniale, sur absolument tous les plans.

En janvier 2012, mon père me ramène du Japon un omamori d'amour (bah oui, pas folle, moi je veux tout pareil qu'en 2011). Sauf que ce omamori ne ressemble pas du tout au traditionnel, c'est deux fleurs attachées ensemble. Un mois plus tard, le omamori est cassé, une fleur s'est détachée je-ne-sais où.
En février 2012, on a rompu. Cette relation a duré un an, le temps d'un omamori.
En 2012 c'est l'année du dragon, mais surtout l'année qui suit votre super année, vous "perdez" certaines choses, pour compenser toute la chance que vous avez eu l'année précédente. C'est l'équilibre. En 2012, j'ai donc perdu l'amour (l'amour, c'est un bien grand mot). Coïncidence? Je ne crois pas.

Et vous savez quoi ? Cet été j'ai appris que le omamori ramené tous les ans par mon père n'est en fait pas du tout une amulette pour l'amour. Je ne sais pas ce que ça représente, mais la protection pour l'amour n'est pas vendue dans le temple à côté de chez mes grand-parents.

Je vous jure que j'étais furax. Pas tant pour le type d'amulette que pour le mensonge.Tout ça parce qu'il avait la flemme d'aller dans un autre temple pour m'en trouver un vrai. N'empêche qu'il était tout penaud après et qu'il avait quand même honte. Et non, j'ai pas culpabilisé pour un poil.

Cet été, j'ai donc eu une révélation. Pas étonnant que ça merde en amour depuis 2012 avec un faussaire d'omamori. Coïncidence ? Je vous le répète, je ne crois pas.

Alors, avec une aussi jolie amulette rose cette année, j'espère bien récupérer ce que le dragon m'a volé et que la chance en amour sera de mon côté (mais aussi le succès pro hein! Girl power toussa toussa). 2014, j'espère que tu seras à la hauteur. Sinon ça va chier.


samedi 1 février 2014

Les petites douceurs au thé vert

Au Japon, le thé vert tient une place importante.
Quand on vous sert un plat, vous avez toujours droit à votre petite tasse de thé avec. Et généralement, le thé est gratuit dans les restaurants japonais.

Toutefois, il ne faut pas confondre le thé vert et le matcha.
Le matcha est un produit assez luxueux, cher et pas si facile à trouver. C'est aussi une des spécialités de Kyoto.
On la consomme généralement lors des grandes occasions avec des sucreries comme les mochi ou wagashi.
Le thé vert, disons que c'est la gamme en dessous que vous pouvez consommer au quotidien, car plus abordable.

Les aliments traditionnels et importés au Japon sont souvent détournés à la japonaise, pour satisfaire les goûts des clients.
Ce qui donne des résultats auxquelles on aurait pas pensé, mais qui sont délicieux. Je dois avouer que dans l'ensemble, les douceurs au thé vert sont vraiment très bonnes.
L'avantage des desserts au thé vert c'est que vous avez une petite note sucrée, discrète, parfaite pour combler ce petit creux dans votre estomac sans vous écœurez.

Petit tour d'horizon de ce que j'ai pu déguster:

Mon préféré: le kit kat au thé vert

Kit kat au thé vert, avec la couleur et le goût! ;-)


Le kit kat au Japon c'est tout simplement la folie. Ou le paradis.
Vous en avez pour absolument tous les goûts.
Mais j'y reviendrais dans un prochain billet ;-)

Le matcha latte:

Matcha latte
Dans la plupart des cafés du type Starbucks, Doutor, etc, vous trouverez toujours le matcha latte, soit lait au thé vert. Un délice! C'est la combinaison parfaite en cas de petit creux, pour un dessert qui n'en est pas vraiment un!
Le plus délicieux que j'ai pu goûter est de très loin, celui de Starbucks.


Pocky au thé vert:

Pocky au thé vert, très généreux en chocolat!

Les pocky c'est notre équivalent Mikado. Sauf que la gamme des goûts est bien plus variée: fraise, noix, chocolat blanc (le fameux pocky panda), noir, fruits de la passion etc...


Mousse au thé vert:

Mousse au thé vert avec haricots rouges et crème


La glace au thé vert:

Glace au thé vert, idéal pour se rafraichir l'été


Le plus improbable: la poudre de cacao au thé vert!

Poudre de cacao Van Houten au thé vert
Alors ça peut en rebuter plus d'un au départ, mais je vous assure que le goût est divin. Vous retrouvez une subtile combinaison entre le goût du chocolat et le thé vert. C'est une véritable drogue. Si vous commencez vous ne pourrez plus vous arrêtez!
J'ai testé plusieurs marques, à ce jour Van Houten est la meilleure!


Et enfin, le chocolat au thé vert:

Chocolat au thé vert meiji

Alors vous aurez le choix niveau marques.
Il y en a au goût plus ou moins prononcé, selon vos préférences!

Mais il y a aussi: 
Le café au thé vert: j'avais goûté celui de Nestlé mais je dois avouer que je n'ai pas beaucoup aimé. C'était trop sucré et ça ressemblait davantage à un dessert écœurant.


  

Les anman au thé vert:
Vous savez, habituellement ce sont des boulettes de viande, sauf qu'il existe aussi la version sucrée aux haricots rouges (non pas le légume) et aussi, celle au thé vert.






Et tout ce qui est plus classique: cookies, cakes, macaron, éclair au chocolat etc...
  
Si vous avez envie de faire des douceurs au thé vert, rien de de plus simple!
Il vous suffit d'acheter de la poudre de thé vert (mais pas du matcha hein! C'est inutile pour les desserts!) et de la glisser dans vos recettes.
Succès et exotisme assurés!

Et puis il parait que le thé vert est très bon pour la santé.
Le chocolat un peu moins.
Alors du chocolat au thé vert, les effets s'annulent non ? ;-)

vendredi 24 janvier 2014

La déco eco-friendly du frigo: kawaierie n°1

Dans la série Kawaierie auquelle on ne résiste pas, je demande le fridgeezoo !

Le Japon c'est un peu le royaume des objets trop mignons qui vous semblent soudainement indispensables. Alors que vous savez pertinemment que, non, vous n'en avez pas tant besoin, que c'est inutile, c'est peine perdue, il vous le faut maintenant. 
Oui, je suis faible.

Tout commence en haut de la mairie de Tokyo à Shinjuku.
Alors, déjà qu'est ce que je fais là-bas? Rien d'administratif, mais tout en haut, il y un observatoire gratuit d'où vous pouvez voir tout Tokyo. Et c'est magnifique la nuit, on dirait un océan de lumières (whaaaa c'est beau ce que je dis). Et forcément, au milieu de la salle, vous avez un espace pour les cadeaux, comme partout au Japon.
Me promenant innocemment au milieu de cette marée de tentation, me voilà face à un objet que j'avais déjà vu sur quelques sites, et que je voulais vraiment: le fridgeezoo.

Le fridgeezoo, mais kézako? (oui, aujourd'hui je fais dans la rime):

Le fridgeezoo morse - version japonaise "classique"

Ces animaux représentent ceux qui sont menacés par le changement climatique et la pollution atmosphérique. Leur environnement mis en danger par l'activité humaine, ces petits animaux ont donc décidé de déménager et c'est dans votre frigo qu'ils ont élu domicile.
Les animaux des régions bien froides ont pris la forme de brique de lait, comme le mien.

Il en existe 3 types:
en japonais classique (comprenez le dialecte de Tokyo), les dialectes de quelques régions (Osaka, Okinawa, Tohoku...), et enfin, en anglais. Y'a pas de raisons qu'il n'y ait que les japonais qui dépensent leurs sous dans des c****.

Les voix sont celles de chanteurs japonais Romance crew que je ne connais pas du tout.

Le concept est simple: vous le mettez en mode on, au milieu de vos plats à réchauffer légumes et vous fermez la porte. Chaque fois que l'ouvrirez, votre nouvel ami vous parlera.

Côté conversation, notre ami à poil qui n'en a pas vraiment est plutôt bavard.
Chaque animal a ses propres phrases, à chacun(e) ses préférences donc.

Le phoque est juste trop chou, parce qu'il a la voix d'un enfant.

Je vous laisse admirer le résultat sur cette vidéo avec des sous-titres en anglais.



J'ai choisi le morse. Parce qu'il a des grandes dents, qu'il était trop chou et que contrairement à l'ours blanc (ô, petit ours blanc, que j'ai longtemps hésité), lui, il est bien visible.
Et en plus il râle.

Alors voilà, quand je l'ai vu, j'ai craqué, je me suis dit, "toi tu vas atterrir dans mon frigo", on est fait pour s'entendre.

Et il me fait trop rire. 
J'oublie à chaque fois qu'il attend sagement dans le noir que j'ouvre la porte et que lui il ouvre sa grande gueule.
J'ai donc droit à un "Konnichiwa" (bonjour), yahoooo (l'équivalent de notre ohé en haut des montagnes. A croire qu'il y a de l'écho dans mon frigo), quand je mets du temps: "qu'est ce que tu cherches ?", et quand la porte reste ouverte, voilà, enfin, il râle "il fait trop chaud!!!".

Par contre je vous préviens, c'est même pas la peine d'essayer d'avoir une discussion sérieuse devant votre frigo. Votre nouvel ami détruira toute ambiance un peu solennelle. A évitez donc en cas de déclaration enflammée soudaine dans votre cuisine.

Et même que je lui ai donné un nom: Mushu (oui, oui comme dans Mulan).
Et comme je suis une fille trop sympa, je vais pas le laisser tout seul dans le frigo, je vais aller lui chercher un pote.

Je suis foutue.



vendredi 17 janvier 2014

Un peu de Paris à Tokyo

Et oui, depuis la France, Tokyo c'est un peu le bout du monde. Et pourtant quelques un de mes amis sont quand même venus me rendre visite.

Et donc cette semaine, une copine est venue passée ses vacances au Japon et c'était l'occasion pour moi de me glisser dans la peau d'un guide et/ou d'un touriste. Regarder cette ville avec des yeux nouveaux, la redécouvrir même si je la connais si bien...

L'occasion de retourner dans des endroits que j'aime beaucoup alors que je ne prends jamais le temps d'y aller. De découvrir enfin des lieux où je veux aller depuis si longtemps. De faire des trucs de touristes qu'on ne fait jamais quand on vit dans une ville.

Et puis évidemment, avoir une copine française qui vient vous voir, c'est un peu de Paris à Tokyo.Vous savez ces petites choses du quotidien :


Les magazines féminins qui coûtent un bras à Tokyo (8euros!):

Achetés à l'aéroport juste avant le départ. Merci coupine! ^_^

Les petites douceurs:



Et surtout l'occasion d'avoir les derniers potins croustillants entre filles:



Bon et sinon, on a fait quoi?

L'intérieur du Parlement
Le parlement japonais ou la Diet/Kokkai国会:
(En japonais, on dit Kokkai et pas diet. J'ai glissé diet quand j'ai dit à ma grand- mère que j'allais emmener ma pote là-bas et elle a cru que j'allais la mettre au régime. Bref, ça m'a bien fait rire.)

Alors forcément, c'est pas le premier endroit où vous pensez à aller quand vous êtes touristes. Mais comme on est intéressé par la politique, ça nous a semblé être une évidence. Et puis c'est gratuit, na.

Le parlement japonais se situe non loin du quartier de Kasumigaseki, le coeur politique du Japon. Sa construction a débuté en 1920 et s'est terminée en 1936.
La Constitution actuelle est entrée en vigueur le 3 mai 1947 et a été rédigée par les américains. Elle fait souvent l'objet de forts débats parmi les politiques, notamment en raison de son article 9:
« Chapitre II. Renonciation à la guerre
Article 9. Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l'ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l'usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux.
Pour atteindre le but fixé au paragraphe précédent, il ne sera jamais maintenu de forces terrestres, navales et aériennes, ou autre potentiel de guerre. Le droit de belligérance de l'État ne sera pas reconnu. »
La Chambre haute, des Conseillers

On a pas le droit de prendre des photos à l'intérieur du parlement, mais c'est magnifique.
Pas de panique si vous ne parlez pas japonais! A l'entrée on vous distribue un pamphlet en anglais, car le guide effectue le tour en japonais, et dans cette salle vous aurez droit à un enregistrement anglais pour les explications!

Des lycéens étaient aussi avec nous, et forcément on a pas pu s'empêcher de prendre en photo, leur prof les prendre en photo. Parce que c'était trop cliché et comme il nous faut pas grand chose, ça nous a fait marrer:

En fond, le parlement


Tokyo by night, depuis le restaurant à côté de chez moi:

On aperçoit au fond la tour Tokyo Sky Tree et
la roue d'Odaiba

La suite de nos péripéties tokyoïtes bientôt!

jeudi 16 janvier 2014

Le bento ou le concept du sandwich version japonaise

Le bento au Japon, c'est ce concept d'un repas rapide au déjeuner. Bref c'est la version du sandwich qu'on prend sur le pouce.

Contrairement au menu jambon-beurre (avec plus de beurre que de jambon), le bento a le mérite d'offrir un plat plus varié. Préparé à la maison ou acheté à l'extérieur, les choix ne manquent pas.

Vous en trouvez près des facs, dans les grandes gares si vous devez prendre un shinkansen, à l'extérieur des restaurants, dans les supermarchés, les boutiques de bentos, bref n'importe où, puisque au Japon, la nourriture est partout.
 
Impossible de mourir de faim au Japon. La nourriture y tient une place très importante.
Elle est généralement de bonne qualité et peu chère. 1000Y au déjeuner c'est cher. Et 1000Y ça fait environ 7/8 euros. Et oui, et oui. Un bento quand à lui, coûte en règle général entre 400Y (taille "normale") et 800Y (pour la version XXL!).
Très copieux, je peux vous garantir que vous n'aurez plus faim ensuite!

L'aspect visuel dans la nourriture japonaise est également très importante. Et le bento n'échappe à cette règle! C'est un mélange de couleurs compartimenté. 
Vous avez généralement du riz, du poisson ou de la viande et des légumes.
Bref vous l'avez compris c'est visuellement et culinairement bien plus agréable qu'un simple sandwich.
Malheureusement en France, le bento reste encore un concept assez rare. Même si ça commence à être la mode à Paris, la préparation de cette boite est toujours associée au régime.

J'utilise le concept du bento depuis que je suis petite.
Bah oui, j'aime bien, bien manger, j'aime quand c'est joli, choisir moi même des aliments bons pour la santé.

Malheureusement quand vous ne faites pas comme tout le monde, vous avez forcément droit à des remarques.
Et quand vous amenez votre bento sur votre lieu de travail, vous aurez systématiquement droit à un "Ha t'es au régime ?" avec un sourire goguenard. Bah non, je préfère largement mon bento à ton sandwich ou ton plat surgelé.

Ou encore à un "Bah dis donc tu manges beaucoup toi".
Comme si une fille devait s'excuser de manger "beaucoup",  ou en tout cas plus qu'un moineau. Une fille ne devrait jamais s'excuser du plat qu'elle déguste ni de sa quantité.

Et suivent des "Tu as du temps pour cuisiner toi", "Tu fais attention à toi", "Tu veux perdre du poids?"...etc
Ce n'est pas tant ces réflexions qui me gênent c'est le ton employé. Railleur, moqueur, jaloux. 
Je dois avouer que je déteste quand on vient se mêler de mes affaires et qu'on vienne commenter ce que je fais. Parce que je ne le fais pas aux autres et que j'estime qu'on doit me laisser en paix et faire ce dont j'ai envie.
J'ai un peu de mal à comprendre. Je mange ce que je veux non ? Comme si faire attention à ce que l'on mange était source de railleries. Je n'ai pas envie d'entendre leurs remarques ni d'avoir leur avis. Je n'ai pas envie d'être jugé sur quelque chose d'aussi banal et insignifiant.

C'est à croire que décidément, quand vous détonez ne serait ce qu'un peu, vous aurez forcément droit à des commentaires déplacés!

Bref, sur cette dernière note un peu coup de gueule, je vous laisse découvrir mes derniers bento en date!

Bento aux crevettes frites, poulet, riz, légumes et boulettes de viande

Bento préparé par moi-même: saumon grillé, légumes japonais, omelette et riz wakame

Bento au poulet grillé, petits légumes et riz

Bento acheté au supermarché! Saumon grillé, riz, légumes, poisson frit et patate frite!

dimanche 12 janvier 2014

Etudier dans un café: sociologie de comptoir

Je n'ai jamais particulièrement aimé travailler dans un café. A Paris, je me sentais toujours coupable de rester des heures en n'ayant commandé qu'un thé ou un chocolat. Je sentais les allers et venues du serveur autour de moi, ses regards réprobateurs, et de temps à autres un "vous désirez autre chose mademoiselle ?" s'abattait sur moi avec un air accusateur.
Si ce n'était pas le serveur, c'étaient les clients qui lançaient ces regards de reproche dans un starbucks bondé où vous osez occuper une table pour deux alors que vous êtes seule. Il ne fait pas bon être seule à Paris, la ville des amoureux, la ville où tout se fait à deux. 


Mais à Tokyo, je me sens libre de rester des heures, surtout quand des espaces sont spécialement agencés pour ceux qui veulent travailler.
Et le fait d'être seul au Japon n'est pas mal vu. A tel point que certains espaces urbains sont aménagés pour les gens qui sont seuls. Par choix ou non, la question n'est pas là. Prendre un café ou manger seul s'est banalisé dans la société, c'est socialement acceptée par celle-ci.


Et ça me laisse tout loisir de rester des heures, à rêvasser et observer mes contemporains, entre des temps de travail. Ma pause à moi.

Dans l'espace de travail, on y voit de tout: des lycéens, des universitaires mais aussi des salariés, venus remplir un dossier ou tout simplement venu lire un livre.


 Les étudiants, quelque soit leurs niveaux, sont généralement concentrés. Ils sont souvent venus seul ou à deux, rarement à plus. Ils sont bien sérieux, interrompent peu leurs besognes pour bavarder.
Je suis assez impressionnée, puisque me concernant je ne peux m'empêcher d'interrompre mon travail pour faire un commentaire sur ce sur quoi je travaille. C'est plus fort que moi, il faut que je partage maintenant mes pensées. Après, ça sera trop tard, après, ça sera un autre moment, une autre idée, un autre temps.


Je suis toujours émue de voir des salariés au Japon venir se réfugier dans un café quand on connait le système professionnel et leurs horaires.
Alors quand je vois un salaryman avec un livre à la main, mon coeur se remplit de joie.
Je ne sais pas dans quoi il travaille, je ne connais pas sa position, mais le voir assis là, au milieu du brouhaha, concentré sur son livre, je me dis qu'il est venu chercher quelques minutes paisibles, qui ne seront qu'à lui, avant de retourner peut-être à une deuxième vie bien occupée, où l'attend une femme et des enfants et les devoirs familiaux qui vont avec.
La vue d'un livre m'a toujours réconforté. Avec l'idée, que, quelqu'un qui aime la lecture ne peut être mauvais.


Et il y a les étrangers, immédiatement repérables: ils parlent trop fort, sont beaucoup plus démonstratifs et leur anglais détonne dans cet univers japonais. On se regarde, on essaie de deviner la nationalité de l'autre à coup d'indice: la langue du livre lu, l'accent de l'anglais, le nombre de langues mélangées dans une discussion. J'aime bien savoir de quoi ils parlent. Parfois l'air de rien j'écoute ce qu'ils disent.

Il y a les gens tous seuls. Des hommes seuls, des femmes seules.
Si une femme seule peut facilement se faire aborder dans un café parisien, il y a peu de chances que cela arrive au Japon. Alors l'attitude féminine diffère un peu. Pas de barrière de protection sociale, pas de regard fuyant. On bouquine un livre, on travaille sur son ordinateur, on écoute de la musique.

Et puis il y a les couples. Les couples au Japon ne se distinguent pas au premier regard. Comme dans beaucoup de pays d'asie, les couples ne sont pas démonstratifs en public: on ne se tient pas la main, on ne s'embrasse pas, on ne se pelote pas en se disant qu'on ferait mieux d'aller dans une chambre d'hôtel comme cela arrive tant sur les trottoirs parisiens.
Alors j'aime bien deviner: sont-ils amis ou ensemble ?

Parfois il y a de jolies histoires, comme ce couple, composé de deux nationalités différentes, oscillant entre la pudeur requise au Japon et cette envie de toucher l'autre, si particulière au désir et/ou à l'amour, je ne saurais jamais.
Ca nous lance des regards en coin de temps en temps, puisqu'ils voient bien que mon ami  et moi ne sommes pas 100% japonais et qu'il nous arrive de mélanger trois langues dans une même phrase.

De temps en temps, chacun se plonge dans son Iphone et le silence s'installe. Je me demande ce qui peut être plus intéressant à voir que le visage de son amoureux: un nouveau like sur facebook? Un nouveau tweet? Instagrammer son café? Et puis, avant que j'ai pu trouver une réponse, hop, c'est reparti pour une discussion entrecoupée par des baisers.

Ou ces français qui ne se connaissaient pas avant et qui découvrent qu'ils parlent la même langue. Elle, a un japonais parfait et je la soupçonne d'avoir grandi ici et d'être allée à l'école franco-japonaise. Eux, ne sont arrivés qu'il y a peu et prennent des cours de langues dans un centre, pas très loin du café. Ca s'échange les numéros et promet de se revoir.

Et puis, il y a mon pote et moi, au milieu de cette foule. Il y en a sûrement qui nous ont observés et qui se sont demandés si nous étions un couple, d'où nous venions, quelles étaient nos nationalités et sur quoi nous travaillions.
Nous aussi, on a donné un peu de nous, au milieu d'une foule.

mercredi 1 janvier 2014

Le nouvel an au pays du soleil levant : oshōgatsu, お正月


Le nouvel an japonais se passe généralement en famille.
(Noël quant à elle, étant une fête importée, est davantage une journée romantique, que l'on passe en couple ou avec ses amis si on est célibataire. C'est un peu la St Valentin bis. Ha la St Valentin au Japon...je vous en parlerais le moment venu!)
Au Japon, la famille a une importance fondamentale. Donc, vu qu'il y a pas mal de congés à cette occasion, tout le monde retourne dans sa ville natale. Et les villes sont désertes, les magasins fermés, et dans une ville comme Tokyo, je vous jure que cela fait une drôle d'impression. Un peu comme une ville fantôme...





Le 31 décembre, on reste en famille, on mange et on boit, on boit. Moi, j'aime bien quand les asiatiques boivent, parce qu'après ils deviennent tout rouges. Attention je ne me moque pas, ça me permet juste de checker leur degré de bourratitude (oui, oui, nouveau mot). Heureusement, les gênes français ont primé me concernant. Je peux donc boire en toute quiétude et vous devez attendre de me voir me lever de mon siège pour savoir si je peux encore marcher droit ou si c'est trop tard. Oui, je suis vilaine.

Et au nouvel an, il y a pas mal de traditions. Et l'un d'elle c'est de ne rien faire. Et moi ça me va complètement. Donc même pour la cuisine, on ne se met pas aux fourneaux, et on cuisine tout avant ce fameux jour. J'ai une grosse pensée pour toutes les mamans japonaises et ce dur labeur culinaire.

Une autre tradition c'est de donner des étrennes aux plus jeunes (Otoshidama -お年玉 ). Même si j'en ai eu de la part de mes grand-parents, ça marque aussi la fin de mon enfance. Parce que j'ai aussi donné de l'argent pour la première fois à mes petits cousins. Petite larme à l'oeil siouplait. Heureusement, pour les grand-parents, je suis toujours une grosse gamine. Youpi !

Plat typique au matin du 1er janvier, avec un peu de saké (oui, c'est dur le matin...) + les fameuses étrennes :




Les Mochi, gâteaux de riz délicieux : ici ce sont des mochi à la glace, goût classique et à la fraise !





Et au fait, cette année, c'est l'année du cheval ! Alors bonne année ! あけましておめでとう!